The Majin Foundation

La Majin Foundation soutient des personnes ou organisations qui développent un projet en faveur des personnes atteintes d'un cancer. Nous nous appuyons sur trois piliers pour renforcer l'offre existante ou stimuler les initiatives nouvelles.

En mode pause…
Découvrez ci-dessous des initiatives soutenues par The Majin Foundation à l'intention des personnes atteintes d'un cancer. Et comment, grâce à notre renforcement mutuel, les personnes trouvent l'énergie de repartir de l'avant.

Cancer & Psychologie

Propose un accompagnement psychologique aux enfants et adolescents

Le cancer touche aussi les proches

“Comment aider maman maintenant qu’elle a un cancer?”

De l’enfant de cinq ans à l’adolescent, chacun vit différemment le cancer d’un être cher. C’est le désir de réconforter qui nous unit lorsque le cancer frappe. Car, s’il est impitoyable envers le patient, il n’épargne pas non-plus la famille, les enfants et les amis. Espace Enfants-Ados a été conçu pour les recevoir. Un lieu d’accueil à l’hôpital où Stéphanie et Anaïs de Cancer & Psychologie apportent leur soutien aux enfants et aux jeunes dont un proche est atteint d’une maladie grave.

Cancer & Psychologie a deux piliers: un espace pour enfant et adolescents à l’hôpital  Sainte-Élisabeth de Namur ( = Espace Enfants-Ados) et l’Espace Papillon dans la pratique privée de l’organisation. Les deux se complètent parfaitement. Au sein de l’Espace Papillon, enfants et adultes en deuil participent à des séances en tête-à-tête avant de terminer le trajet dans des séances de groupe structurées. À l’hôpital, Espace Enfants-Ados est un espace ouvert, et tout indique que les soins médicaux et le soutien psychologique sont étroitement associés. The Majin Foundation rend visite à Espace Enfants-Ados en vue d’unir leurs forces.

“À l’hôpital, Espace Enfants-Ados est un espace ouvert, et tout indique que les soins médicaux et le soutien psychologique sont étroitement associés.”

Il y a quelque chose après 13 heures mercredi après-midi

Les psychologues Stéphanie et Anaïs entrent dans la salle de détente du service d’oncologie et gastro. Un distributeur de boissons est recouvert d’un drap blanc. Elles ouvrent une armoire contenant du matériel de jeu. Il leur sert à improviser un coin enfants. Il y a une table pour discuter. Ou dessiner. Ou même peindre. Dès 13 heures 30, les enfants ou les adolescents dont un proche est atteint du cancer ou d’une autre maladie grave, et qui ne savent plus à quel saint se vouer, y sont les bienvenus.

“Bonjour docteur Henry”

“Tout va bien, on se tient au courant”, dit Stéphanie. C’est monnaie courante dans la maison ouverte. Les intéressés vont et viennent : surtout des enfants et des membres des familles, mais aussi des médecins, des infirmières, des assistants sociaux… Tout le monde est le bienvenu. “Les entretiens sont parfois émotionnellement lourds, voire éprouvants. De temps à autre, heureusement, un rire peut alléger la souffrance. Mais nous recevons toujours les enfants ou les adultes avec sérénité et respect”, dit Anaïs.

Ici, rien n’est planifié. C’est comme une maison ouverte.

“Ils savent que nous sommes là pour eux. Certains viennent ici 1 ou 2 fois, d’autres une centaine de fois. L’un pour 5 minutes, l’autre pour un après-midi entier. L’un parle beaucoup, l’autre ne dit rien. Pour nous, tous les comportements sont significatifs. Chacun traite les mauvaises nouvelles à sa manière. C’est une phase qu’il faut traverser. Difficile. Mais vous savez ce qu’on dit : la vie continue”, poursuit Stéphanie.

On papote, mais la réalité est amère

“Salut, Lou-Anne ! Bienvenue !”

Enfants, jeunes, parents, grands-parents, amis… tous sont projetés dans un monde différent par la nouvelle du cancer d’un proche. D’où tirons-nous notre motivation ? “De l’intensité des entretiens. De la conscience que la vie de la famille proche ou des amis doit se remettre sur les rails. Récemment, nous avons reçu une maman qui avait perdu son mari. Après ce décès, elle a laissé passer une année avant de venir nous trouver. Mais, dès que ses enfants ont été mieux, c’est elle qui a craqué. À force de se focaliser sur le bien-être de ses enfants, elle s’est négligée elle-même”, affirme Anaïs.

“Un chagrin invisible. Que nous essayons de rendre visible en étant physiquement présentes à l’hôpital”

Lou-Anne pénètre dans l’Espace Enfants-Ados. Elle a 18 ans et a découvert Cancer & Psychologie quand sa maman a été atteinte d’un cancer du sein. “Ma première visite chez Cancer & Psychologie, je l’ai faite avec mon père et ma sœur, mon aînée de deux ans. Au début, ça m’a paru un peu bizarre. Je n’avais aucune attente particulière.” Il y a désormais 8 mois que Lou-Anne a perdu sa maman. Elle parle vite, dans le langage jeunes qui lui est familier. Elle parle de la machine à café d’en bas, de l’école, et revient sur une période particulièrement pénible, ses examens de l’an dernier.

“Aujourd’hui, je viens souvent seule ici”, continue Lou-Anne. “Je fais un saut. Ça fait du bien de savoir qu’il y a quelqu’un. Quelqu’un qui est au courant de la situation. Quand j’arrive, je suis parfois nerveuse. Mais je repars toujours détendue. Grâce à elles, j’ai retrouvé la force d’aller de l’avant. Si dur que ce soit, à un moment donné, on se rend compte que la vie continue.”

Les deux psychologues se comprennent à demi-mot. Parfois, elles reçoivent un frère et une sœur, et l’un dit des choses que l’autre ne savait pas. Stéphanie : “Un regard nous suffit pour savoir ce qui se passe. Anaïs prend alors un des deux à part et je continue avec l’autre. C’est bien d’être deux”.

“C’est justement parce que nous sommes ici à l’hôpital que médecins et infirmières comprennent la valeur de notre travail. En plus de causer des ravages dans l’organisme du patient, une maladie grave laisse aussi des signes d’angoisse et des questions dans les têtes des proches. Un chagrin invisible. Que nous essayions de rendre visible en étant physiquement présentes à l’hôpital”, conclut Stéphanie.

Collaboration avec The Majin Foundation

Des jeunes comme Lou-Anne passent ici toutes les semaines. Ils ont reçu un choc émotionnel inattendu qu’ils ont du mal à encaisser. Grâce aux entretiens, ils se sentent renforcés et retrouvent petit à petit le courage d’aller de l’avant. Malgré cette efficacité, cependant, la pérennité n’est pas assurée. En 2015, quand des restrictions budgétaires ont brusquement privé Cancer & Psychologie de soutien financier, l’avenir de l’asbl est apparu très incertain. Ce qui aurait été vraiment dommage. Pour les jeunes et les enfants, bien entendu, mais aussi parce qu’une expertise précieuse risquait de se perdre.

C’est ainsi que Paul Olivier, coordinateur de Cancer & Psychologie, est entré en contact avec The Majin Foundation : “Les deux organisations ont été constituées à partir du même ADN, explique Paul. Toutes deux aspirent à soutenir les personnes atteintes d’un cancer. C’est notre motivation commune pour être présentes dans toute la Belgique. Et donc assurer aussi un ancrage social aux services spécialisés de Cancer & Psychologie. C’est le coeur même de notre collaboration”.  Pour Paul, il est en outre particulièrement précieux de travailler avec une organisation dont la pensée et l’activité dépassent les communautés linguistiques. “Honnêtement ? Je perçois entre nous une forte symbiose.”

Coup de pouce

Cancer & Psychologie et The Majin Foundation uniront leurs forces de différentes manières. Laurence Femont, managing director à The Majin Foundation, précise : “À court terme, il est nécessaire d’assurer et de soutenir le fonctionnement d’Espace Enfants-Ados. Cancer & Psychologie bénéficiera ainsi d’un répit pour rechercher des partenaires financiers stables sans interrompre ses activités dans l’intervalle.”

Partage de connaissances et de formation

Un deuxième aspect qui mérite un investissement est le partage de connaissances. “Et surtout des connaissances spécialisées présentes chez les psychologues. Nous sommes tout disposés à les transmettre à d’autres. Afin de préserver l’approche et le savoir-faire spécifiques de Cancer & Psychologie”, ajoute Laurence.